Les associations Leman-Togo et FemSansCancer ont organisé le 24 mars 2026, un séminaire consacré à la prise en charge des cancers féminins. Cette rencontre, placée sous le thème « Prise en charge des cancers féminins au Togo », a permis de mettre en lumière les obstacles, les défis ainsi que les opportunités liés à la lutte contre cette pathologie.
Ce séminaire, qui a réuni des médecins et des acteurs de la société civile, a favorisé des échanges autour de la prise en charge du cancer du sein et du cancer du col de l’utérus au Togo. « La prise en charge des cancers féminins, principalement le cancer du sein et celui du col de l’utérus, reste une difficulté. Nous avons initié ce séminaire pour formuler des recommandations et les présenter à nos autorités », a expliqué Zeinab Moumouni, présidente de l’association FemSansCancer.

Les discussions ont permis d’identifier plusieurs défis majeurs : les obstacles culturels qui dissuadent de nombreuses patientes de consulter, un plateau technique limité, un faible taux de dépistage précoce, une accessibilité financière réduite, le nombre insuffisant de spécialistes en oncologie, des infrastructures inadéquates ainsi qu’un manque d’implication des leaders religieux et communautaires.
Dans son intervention, le Dr Sambiani Damigou Mawuli, chirurgien cancérologue au CHU Sylvanus Olympio, a insisté sur l’importance de la prise en charge : « On ne fait pas face seul à un cancer. En cas de suspicion, la femme doit se rendre dans des structures capables de la prendre en charge. »
De son côté, le Dr Agbo Adissétou, gynécologue-obstétricienne, a souligné la nécessité d’adopter certaines mesures pour améliorer la prise en charge des cancers féminins au Togo. Elle a notamment évoqué l’importance de briser le silence à travers la sensibilisation, en impliquant les leaders communautaires et religieux, d’améliorer les plateaux techniques, de faire de la prévention précoce un levier stratégique et de renforcer la formation des spécialistes.
Toutefois, les participants ont insisté sur le fait que ces efforts ne pourront aboutir sans un accompagnement accru des autorités publiques. Un accent particulier a été mis sur la prévention précoce, « car la prévention offre plus de bénéfices que le traitement », selon le Dr Sambiani.
Les différentes parties prenantes espèrent ainsi un avenir où le traitement du cancer sera accessible, voire gratuit, au Togo.