À 22 ans, Kaitlin Lawrence, athlète de haut niveau, se croyait en parfaite santé. En pleine compétition de netball, elle s’est pourtant effondrée, victime d’un grave trouble cardiaque passé totalement inaperçu. Son histoire, largement relayée à l’international, met en lumière une réalité encore trop méconnue. Les maladies cardiovasculaires ne sont ni rares, ni réservées aux hommes âgés.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les maladies cardiovasculaires sont responsables d’environ 30 % des décès chez les femmes dans le monde. En Afrique, la situation est particulièrement préoccupante. Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, les femmes meurent davantage de maladies cardiaques que les hommes, en grande partie à cause du manque de dépistage précoce, de l’accès limité aux soins et d’une faible sensibilisation.
Le cas de Kaitlin révèle aussi un autre danger. Les symptômes chez les femmes sont souvent atypiques. Fatigue inexpliquée, essoufflement, palpitations, nausées ou douleurs diffuses peuvent être négligés, par les patientes comme par les professionnels de santé. Résultat : les diagnostics arrivent trop tard.
En Afrique, où les maladies infectieuses ont longtemps dominé les priorités sanitaires, les maladies non transmissibles progressent rapidement. Pourtant, 80 % des décès cardiovasculaires prématurés pourraient être évités grâce à la prévention. Une alimentation équilibrée, une activité physique, une réduction du tabac et de l’alcool, mais aussi une connaissance des antécédents familiaux.
Le cœur n’est pas un luxe de pays riches. Il est vital, partout. Se faire dépister à temps peut sauver des vies. « C’est le muscle qui vous maintient en vie. Il faut le faire contrôler. », a lancé Kaitlin Lawrence, à la BBC.