Réunis à Lomé, au Togo, du 6 au 10 août 2025, 124 jeunes venus de quatre pays d’Afrique de l’Ouest ont clôturé le Forum International des Jeunes sur la Souveraineté Alimentaire (FIJ-SA) avec un engagement fort : transformer les systèmes alimentaires africains et les politiques qui les encadrent.

Pendant quatre jours, les échanges riches et variés ont porté sur des thématiques clés telles que la compréhension de la souveraineté alimentaire, le financement agricole et entrepreneurial, les enjeux liés aux semences locales et la décolonisation de l’alimentation.

Pour Duvor Kamla Winner, étudiant à l’École supérieure d’agronomie de l’Université de l’UMI, option phytotechnique, ce forum a été une véritable révélation : « Au début, je pensais que ce serait quelque chose de simple. Mais à mon arrivée, j’ai découvert une multitude d’informations destinées à nous, les jeunes, mais aussi à nos parents, à nos encadreurs, aux paysans, aux agriculteurs, aux éleveurs, et à tous ceux qui nourrissent nos populations. C’est une initiative remarquable qui m’a permis de prendre conscience, de changer de mentalité et de ne pas toujours rejeter la faute sur l’autre, mais de commencer par me transformer moi-même. »

Un sentiment partagé par Miahe Benjamin, coordinateur des programmes de l’OADEL : « Nous avons constaté que beaucoup de jeunes ne maîtrisent pas encore pleinement le concept de souveraineté alimentaire et que les questions liées aux semences sont fondamentales pour garantir un avenir meilleur. Les financements actuels ne sont pas vraiment adaptés aux besoins des paysans et des entrepreneurs, et il reste encore beaucoup de travail à faire sur l’ensemble de la chaîne, de la production à la distribution.»

Les participants ont recommandé l’intégration de la souveraineté alimentaire dans les programmes éducatifs, la promotion de la consommation et de la production locales, le renforcement de la souveraineté semencière à travers la création de conservatoires de semences paysannes, l’adaptation des systèmes de financement aux réalités des jeunes et des femmes, l’amélioration de l’accès aux technologies, le soutien à l’innovation agroécologique ainsi que la décolonisation des habitudes alimentaires.

Ces résolutions marquent une étape importante pour une jeunesse déterminée à prendre en main son avenir et à œuvrer pour un système alimentaire africain autonome, durable et enraciné dans ses réalités culturelles.

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